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Dictateur ja:独裁者 simple:Dictator
catégorie:politique
Le terme dictateur - étymologiquement « celui qui parle » - désignait sous la Rome antique une magistrature exceptionnelle. C'était une magistrature suprême avec les pleins pouvoirs. Voir l'article : Dictateur romain.
C'est l'expression utilisée actuellement pour désigner ce que l'on appelait tyran dans l'Ancien Régime. Elle n'est généralement utilisée que pour désigner des chefs d'État de la période moderne (à partir des années 1930).
De manière générale, on appelle dictateur un chef d'État qui dispose d'un pouvoir absolu qu'il exerce de manière autoritaire. Si beaucoup de dictateurs arrivent au pouvoir à la suite d'un coup d'État (en Amérique du sud notamment) ou d'une guerre civile (Francisco Franco), il arrive qu'un dirigeant d'abord élu démocratiquement se transforme en dictateur (c'est le cas de Adolf Hitler).
Les totalitarismes issus du début du (Allemagne nazie, URSS) ont donné au monde quantité de dictateurs au siècle dernier.
Quelques dictateurs célèbres
Élus démocratiquement
- Adolf Hitler
- Benito Mussolini
- Nicolae Ceauşescu
- Franjo Tudjman
- Robert Mugabe
- Saddam Hussein
- António de Oliveira Salazar
Dirigeants communistes
- Fidel Castro
- Joseph Staline
- Kim Il Sung
- Kim Jong-il
- Mao Zedong
- Nikita Khrouchtchev
- Alexandre Loukachenko
- Slobodan Milošević
Militaires
- Augusto Pinochet
- Alfredo Stroessner
- Francisco Franco
- Idi Amin Dada
- Jean Bédel Bokassa
- Joseph Désiré Mobutu
- Philippe Pétain
et encore
- Francisco Macías Nguema
Les dictateurs au cinéma
Le film de Charlie Chaplin, Le Dictateur est une parodie de ce genre de personnage.
Dictateurs guide
- Jimbo Wales pour Wikipedia
- Linus Torvalds pour Linux
Voir aussi : :Catégorie:Dictateur
- Voir l'article : [http://meta.wikimedia.org/wiki/Power_structure#Despotism]
[http://arthuredelstein.org/worlddictators Les Dictateurs du Monde 2005]
Catégorie:Dictateur
Catégorie:Politique
Catégorie:Organisation sociale
ja:Category:政治
ko:분류:정치
zh-min-nan:Category:Chèng-tī
Rome antique
La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité.
C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.
La fondation de Rome (-753)
D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753 et y regroupa des groupes de latins, de sabins, et peut-être d'étrusques. L'archéologie a établie que le peuplement des collines de Rome a commencé vers le , et s'est accéléré à partir du .
Se référer à l'article Fondation de Rome.
Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole.
C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.
Se référer à l'article sur la monarchie romaine.
Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.
La République romaine (-509 à -27)
-27
De res publica (lat.) « la chose publique ».
Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens).
À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls.
Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric.
Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272.
À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146.
Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine.
Se référer à l'article sur les Institutions de la République romaine pour connaître l'organisation politique de la République.
Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie.
Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation sociale de la République.
L'Empire romain (-27 à 395)
L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoit son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre.
Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum. Rome est avec un million d'habitants la plus grande ville du monde méditerrannéen, avec une organisation spécifique.
La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent.
Se reporter à l'article Organisation de la ville de Rome pour découvrir les solutions mises en place pour gérer cette gigantesque agglomération
L'empire romain tardif
La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au , et parvient à se redresser au au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation.
L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au .
Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains.
Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province
La dissolution de l'Empire romain (après 395)
Après une ultime réunification en 394 sous Théodose I, l'Empire est divisé en deux moitiés :
- L'Empire romain d'Occident est submergé en l'espace de deux générations par les peuples germaniques et s'efface en 476, ce qui marque la fin conventionelle de l'Antiquité,
- L'Empire romain d'Orient résiste et s'adapte, devenant progressivement l'Empire byzantin qui subsistera jusqu'en 1453.
Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.
Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines
Voir aussi :
- Cursus honorum
- Relations de la religion romaine aux autres religions
Art
Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.
Voir l'article détaillé : art romain
Architecture
L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium).
Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine
Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains
Voir l'article sur l'Épigraphie latine
Littérature
Les Romains révolutionnèrent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le codex, volume de feuilles reliées, plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau.
Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.
Vie quotidienne
- Les noms romains (système des tria nomina) et les prénoms romains
- le costume : la toge, la stola
- l'habitat : domus, insula et villa
- Le calendrier julien
- Les chiffres romains
- Les jeux du cirque
- Les thermes romains
- La monnaie romaine
- Les unités de mesure romaines
- Les ergastules (Prisons et cachots)
Bibliographie
- La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
- Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
- L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod
- [http://perso.wanadoo.fr/revuesocialisme/s10empireromaine.htm L'impérialisme romain - une analyse marxiste] par l'archéologue anglais Neil Faulkner
Liens externes
- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/ Parcours virtuels de Rome] : panoramas virtuels et galeries de photos (ita/ing/fr)
- [http://www.insecula.com Site insecula (Égypte, Rome, et Grèce antique).]
-
Dictateur romain
Le dictateur romain est un magistrat extraordinaire dans la République romaine antique, institué en 501 av. J.-C. Le titre original était magister populi (« maître du peuple »). Il est généralement nommé en cas de forts troubles, par l'un des consuls en exercice, parmi les anciens consuls, et pour une durée maximale de six mois. Il remplace les deux consuls de l'année.
Il reçoit les pleins pouvoirs, les autres magistrats sont alors suspendus, exceptés les tribuns de la plèbe.
Il désigne un maître de cavalerie (magister equitum) comme chef d'état-major.
D'autres magistrats aux pleins pouvoirs étaient nommés pour de courtes durées : l'interrex, qui assurait l'interim quand les consuls d'une année n'étaient plus en fonction mais que leurs successeurs n'avaient pas encore pris leurs fonctions ; et les rex chargés d'inaugurer un temple.
Sylla pervertit ce système en se faisant octroyer une dictature à vie. À la mort de Jules César, Marc Antoine promulgua la lex Antonia abrogeant la dictature.
Avec l'empire, la dictature perd sa raison d'être, l'empereur accumulant limperium consulaire, la puissance tribunicienne, la charge de grand pontife et le titre de « prince du sénat ».
Chronologie des dictateurs romains
- 495 av. J.-C. : Lartius
- 458 av. J.-C. et 439 av. J.-C. : Cincinnatus (guerre contre les Èques)
- 394 av. J.-C. : Camille
- 364 av. J.-C. : C. Sulpicius Peticus
- 217 av. J.-C. : Fabius Cunctator (le temporisateur) (deuxième guerre punique)
- 82 av. J.-C. à av. J.-C. : Sylla, dictateur à vie, mais abdique en 79 av. J.-C.
- 49 av. J.-C. : Jules César
Lien externe
http://users.skynet.be/remacle/institutions/dictateur.htm Pour en savoir plus
Catégorie:Politique de la Rome antique
ja:独裁官
TyranUn tyran (du grec τύραννος) est un individu disposant d'un pouvoir absolu et abusif.
Historiquement, en Grèce antique, un tyran était un dictateur arrivé au pouvoir après un coup d'État, ou l'un de ses héritiers. Le titre a été donné pour la première fois, semble-t-il, à Phidon d'Argos et à Cypsélos de Corinthe. L'un des plus célèbres tyrans fut Pisistrate, à Athènes en 560 av. J.-C. Durant le , de nombreux tyrans ont pris le pouvoir un peu partout en Grèce, en renversant les gouvernements établis. C'est à cette époque que la Perse commençait ses incursions en Grèce, avec le soutien de tyrans cherchant des appuis pour conserver leur pouvoir.
Initialement, il n'y avait pas de connotation péjorative associée à ce terme et en fait certains tyrans étaient plutôt populaires (Cypsélos est réputé n'avoir pas besoin d'une garde pour se promener dans sa cité), au moins au début de leur règne, puisque leur ascension se faisait avec l'aide du peuple. Cela n'a par contre pas empêché la chute des fils de Pisistrate : Hipparque est assassiné par les tyrannoctones, puis Hippias est déposé .
De nos jours le terme de tyran désigne des dictateurs régnant par la terreur, puisqu'évidemment certains tyrans grecs se comportaient ainsi. Par extension, il peut être utilisé pour toute personne disposant d'une autorité et en abusant.
Bibliographie
- Claude Mossé, La Tyrannie dans la Grèce antique, PUF, collection « Quadrige », Paris, 2004.
Catégorie:Grèce antique
ja:僭主
Coup d'ÉtatUn coup d'État est un changement de pouvoir soudain, imposé par surprise, par une minorité utilisant la force.
Le terme français de coup d'État (coup d'État du 18 brumaire) a été repris, tel quel, en anglais, car il n'y a pas de mot d'origine anglaise pour décrire ce type d'opération. Le mot putsch d'origine suisse allemande est équivalent et peut aussi être utilisé en français, comme en anglais. Il a été, à l'époque moderne, popularisé par les coups d'État manqués de 1920 et 1923 en Allemagne (putsch de Kapp et putsch de Munich). A noter, qu'à partir de l'anglais, le mot coup d'État est passé au japonais (クーデター, kûdetâ).
Quant aux termes espagnols golpe et pronunciamiento, ils désignent des soulèvements militaires qui ne prennent pas nécessairement la forme de coups d'État. Ajoutons que le fait que le second de ces termes dispose d'un article lui correspondant dans le Trésor de la langue française informatisé ne modifie en rien son sens de soulèvement militaire et non de coup d'État.
Théorie
- Les coups d'État ont toujours été considérés comme un moyen de prendre le pouvoir, à la fois rapide, économique et ne nécessitant généralement qu'un minimum de versement de sang.
- Mais ce procédé était condamné dans les milieux révolutionnaires comme un moyen élitiste ne permettant que de prendre le pouvoir à des fins purement personnelles et sans intention ni possibilité de changer les choses. On opposait au coup d'État, susceptible seulement de changer les dirigeants, la révolution, par laquelle les masses en mouvement, pourraient transformer en profondeur les rapports sociaux et porter un coup définitif au pouvoir des favorisés. Ce mouvement des masses aurait pu, selon ce point de vue, être déclenché sous la forme de la grève générale paralysant non seulement le gouvernement en place, mais aussi toutes les fonctions du pays utilisés par les privilégiés pour perpétuer leur oppression des classes dominées.
- C'est ainsi que lorsque, à Petrograd, Léon Trotsky, ancien menchevik rallié à la fraction bolchevik du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, proposa de s'emparer par la force du pouvoir tenu d'une main fragile par le social-démocrate Alexandre Fedorovitch Kerensky, les vieux compagnons de Lénine s'y opposèrent en alléguant que le coup d'État était une technique réactionnaire, et que la seule solution révolutionnaire pour s'emparer du pouvoir était la grève générale. Mais, Lénine, seul des révolutionnaires présents, soutint Trotsky, et ce fut lui qui emporta la décision.
- Le coup d'État d'octobre 1917 eut donc bien lieu, et avec succès, malgré plusieurs fausses manœuvres des conjurés, parce qu'une maladresse encore plus grande a sévi dans le camp de Kerenski qui croyait que l'on pouvait faire la révolution avec des discours.
- Au lendemain du coup d'octobre intervint pourtant la grève générale. Mais ce fut contre les Bolcheviks. Ceux-ci la brisèrent et instaurèrent la dictature, non du prolétariat, mais de leur seule minorité.
- Par la suite, afin que la doctrine soit sauve, les communistes baptisèrent leur coup d'État révolution et inondèrent le monde entier de leurs écrits de propagande sur la pseudo-révolution d'octobre, terme qui a fini par rester dans le langage. Mais en réalité la révolution avait bien été faite, dès avant octobre 1917, par le prince Georgy Yevgenyevich Lvov, Milioukov, Kerensky, et surtout par le peuple russe qui en avait assez de l'incurie tsariste.
Technique
Prise des organes centraux du pouvoir
- Le secret, non seulement vis-à-vis de l'extérieur mais aussi vis-à-vis des autres comploteurs, constitue la première arme des putschistes, celle sans laquelle les meilleures préparations risquent de s'effondrer.
- Ainsi, l'une des raisons de l'échec du putsch de Kapp à Berlin en 1920, fut-elle le manque de discrétion du général von Luttwitz, chef militaire de l'opération, qui alla présenter le soir du 10 mars un ultimatum aux gouvernants socialistes, et leur laissa 48 heures pour se retourner, avant de déclencher le putsch miltaire annoncé, dans la nuit du 12 au 13 mars 1920.
- C'est ainsi que, lors de la préparation du putsch du 8 novembre 1942 à Alger (destiné à permettre le succès de l'Opération Torch), le jeune chef des groupes d'action d'Alger, José Aboulker, refusa, bien qu'il lui fît confiance, de donner à Henri d'Astier de la Vigerie, responsable de la conjuration pour l'Afrique du Nord, les noms de ses chefs de groupes avant les deux derniers jours précédant l'action. Ainsi, lorsque les patriotes passèrent à l'action, la surprise fut-elle si totale que ces 400 civils mal armés, commandés par leurs officiers de réserve, réussirent à neutraliser, à eux seuls, le corps d'armée vichyste d'Alger. En effet, les autorités vichystes, libérées au bout de quelques heures, s'efforcèrent, sans même y parvenir, de reconquérir complètement la ville au lieu d'attaquer les forces alliées sur les plages. Si bien que ces dernières purent débarquer sans résistance, encercler Alger et capturer ce grand port intact le soir même du débarquement.
- Par exception, le coup d'État bolchevik d'octobre 1917 réussit, bien que les conspirateurs n'aient cessé d'en parler les jours précédents. Notamment Grigory Ievseïevitch Zinoviev et Lev Kamenev en débattirent ouvertement dans le journal de Gorki, tandis que Trotsky, apprenant qu'un bataillon de cyclistes de la forteresse Pierre et Paul risquait d'être réfractaire, n'hésita pas à aller les convaincre par un discours, le 23 octobre, deux jours avant l'opération. L'inaction de la police gouvernementale dûment informée, semble être provenue de ce que l'indiscrétion portée à de tels sommets aurait convaincu Kerensky que l'affaire ne pouvait pas être sérieuse... et le coup d'État de Trotsky réussit tout de même.
- La technique de base du coup d'État consiste à s'emparer des organes centraux de l'État ou à les neutraliser, en occupant leurs lieux de fonctionnement qui sont aussi les lieux symboliques du pouvoir.
- C'est ainsi que procéda Napoléon Bonaparte, lors de son coup d'État du 18 brumaire. Disposant de l'appui de l'armée, il lui fallait contrôler le pouvoir civil. Or, sous le Directoire, la France disposait d'un exécutif tournant formé de 5 directeurs qui se succédaient, à tour de rôle, pendant des périodes limitées à quelques semaines. Si bien qu'il ne suffisait pas de contrôler cet exécutif tournant, car la réalité du pouvoir civil résidait dans un parlement affaibli lui-même par sa division en deux chambres. C'est pourquoi Bonaparte, en accord avec deux directeurs, Emmanuel-Joseph Sieyès et Roger Ducos, se préoccupa surtout de disperser ce parlement, dont l'une des chambres, le Conseil des Cinq-Cents, était présidée par son frère Lucien Bonaparte. Mais au lieu d'annoncer brièvement sa prise de pouvoir aux parlementaires, Bonaparte trouva le moyen de s'égarer dans un discours ampoulé, et se fit assaillir par plusieurs élus. Si bien que le coup d'État ne fut sauvé que par son frère, qui ordonna aux grenadiers de rétablir l'ordre en dispersant les élus récalcitrants. Bonaparte constitua alors un Conseil exécutif de 3 membres composé de lui-même, de Siéyès et de Ducos, que le Conseil des Anciens transforma le lendemain en Commission consulaire exécutive.
- Mais il ne suffit pas de s'emparer des organes centraux de l'État. Il faut aussi arrêter les gouvernants, faute de quoi il sera loisible à ceux-ci d'organiser une riposte.
- C'est ce qui advint à Berlin, en 1920, où les ministres socialistes, avertis à l'avance, par l'ultimatum du chef militaire des putschistes, prirent le large avant l'arrivée du Corps franc Ehrhardt. Après quoi, une fois réfugiés en province, ils appelèrent avec succès la population à une grève générale dont le succès leur permit de reprendre le pouvoir.
Régularisation des prises de pouvoir
- Par ailleurs, le pouvoir issu du coup d'État se soumet généralement par la suite à un processus formel de régularisation. C'est ainsi que la Commission consulaire exécutive présidée par Bonaparte présenta, le 22 frimaire, son projet de constitution consulaire aux deux Conseils des Anciens et des Cinq-Cents qui l'entérinèrent, faisant ainsi rentrer le nouveau régime dans la légalité.
- De nos jours c'est par un plébiscite, comme ceux de Napoléon III, ou par des élections, que les putschistes font ratifier leurs coups d'État.
Nouvelles cibles des coups d'État modernes
- À la prise des bâtiments publics, sièges des organes du pouvoir, s'est ajouté la prise de la radio, dont la détention peut permettre de donner à la population des informations propres à décourager toute tentative de riposte au coup d'État.
- En outre dans la période moderne, les auteurs de coups d'État ont pris l'habitude de couper ou d'accaparer les moyens de communication (téléphone, télégraphe), les arsenaux, les gares, etc. C'est ce que firent les Bolcheviks, sous la direction de Trotsky, lors de leur coup d'État d'octobre 1917 contre le gouvernement socialiste russe de Kerensky.
- Mais le contrôle des communications téléphoniques joua surtout un rôle essentiel, lors du putsch du 8 novembre 1942 à Alger, par lequel 400 résistants civils mal armés réussirent à arrêter les détenteurs du pouvoir vichyste en Afrique du Nord (Alphonse Juin et François Darlan) et à neutraliser leur XIX corps d'armée, permettant ainsi la réussite de l'opération Torch. C'est alors qu'ayant coupé le réseau téléphonique normal d'Alger, l'état-major rebelle, qui s'était installé au Commissariat central, prit le contrôle du réseau officiel, seul maintenu en service. Ainsi put-il suivre de là l'occupation des points stratégiques par les résistants entre 0 h 30 et 1 heure du matin, et garda-t-il ensuite le contact avec leurs chefs de groupe pendant toute l'opération. Mais surtout, c'est par ce réseau officiel, rendu seul utilisable, que les chefs de la résistance reçurent les appels alarmés des personnalités vichystes, réveillées par le duel d'artillerie du port survenu vers 3 heures du matin. Les résistants les convoquèrent alors au Commissariat central en leur faisant croire qu'on les y attendait pour organiser la résistance aux alliés. Ainsi, pour la première fois dans l'histoire, les personnalités hostiles à un coup d'État vinrent-elles d'elles-mêmes se faire arrêter par les putschistes : Il en fût ainsi, notamment, de l'adjoint du gouverneur-général de l'Algérie Ettori, qui, la veille partisan arrogant et acharné de la collaboration, se répandit soudain en supplications et en sanglots.
Qui sont les auteurs des coups d'État ?
- Les coups d'État sont habituellement effectués par des militaires contre des gouvernants civils.
- Les putschs effectués par des civils ont généralement échoué, comme le coup tenté par Adolf Hitler à Munich en 1923. Il y a au moins une exception, celle du putsch d'Alger de 1942, déjà cité, où ce sont 400 civils algérois, commandés par un étudiant de 22 ans, José Aboulker, et par leurs officiers de réserve, dont le plus notable fut le lieutenant Henri d'Astier de La Vigerie qui réussirent, à eux seuls, avec l'aide de quelques rares officiers d'active, comme les colonels Jousse et Baril, à neutraliser pendant 15 heures le corps d'armée vichyste d'Alger jusqu'à son encerclement par les alliés et à sa reddition le jour même.
- À noter, d'autre part, que les auteurs des coups d'État appartiennent le plus souvent, eux-mêmes, à l'appareil d'État, comme ce fut le cas de Siéyès, Paul Barras et Bonaparte.
Accueil réservé aux coups d'État
Pour que les résultats du coup d'État soient acquis, il est préférable qu'ils correspondent aux vœux de la majorité de l'opinion publique et qu'ils soient compatibles avec le contexte international.
Accueil de l'opinion publique
- Le coup d'État de Bonaparte le 18 brumaire répondait à la volonté de la majorité des Français, qui, lassés des agitations révolutionnaires en tous genres, souhaitaient un rétablissement durable de l'ordre, et auprès desquels Bonaparte jouissait d'une forte popularité.
- De même le coup d'État des Bolcheviks à Petrograd a-t-il pu réussir, bien que ceux-ci aient été impopulaires auprès de la majorité des Russes (comme les élections étaient sur le point de le démontrer), parce qu'ils préconisaient la paix immédiate à laquelle aspiraient les masses paysannes russes du front, mobilisées dans des conditions déplorables. Mais surtout, les Bolcheviks pouvaient compter sur le ralliement de la garnison de Petrograd, composée en grande partie de bureaucrates planqués issus des classes privilégiées, qui se moquaient pas mal du socialisme mais qui, peu soucieux de se retrouver au front, aspiraient avant tout à une rapide démobilisation.
- Le putsch d'Alger d'avril 1961, perpétré par quatre généraux connus, bénéficiait lui aussi de l'appui d'une partie de l'opinion mais de l'opinion locale uniquement, car les Français, consultés précédemment par Charles de Gaulle sur l'autodétermination de l'Algérie, s'étaient prononcés massivement en faveur de sa politique. En outre, dans les forces d'Afrique du Nord elles-mêmes, les soldats du contingent métropolitain qui disposaient de nombreuses radios portatives, reçurent directement l'appel prononcé par de Gaulle contre les généraux et refusèrent de suivre leurs supérieurs dans la rébellion.
- En sens inverse, le putsch de 1942, à Alger également, a été accompli certes en accord avec la majorité des Français de métropole restés non collaborationnistes, mais aussi en partie contre l'opinion locale, en majorité pétainiste sinon collaborationniste. Le coup n'en a pas moins réussi grâce au contexte international, comme on l'exposera ci-après.
Contexte international
Le succès du coup d'État dépend aussi du contexte international : les pays voisins peuvent être favorables ou non à leur entreprise et y réagir ou non militairement.
- C'est pourquoi l'un des premiers actes des auteurs modernes de coup d'État est d'affirmer que tous les accords internationaux seront respectés.
- Dans le cas du putsch du 8 novembre 1942, déclenché contre les aspirations du milieu local n'a réussi que grâce au contexte international, c’est-à-dire celui de l'Opération Torch, sur le point de se produire, ce dont les comploteurs étaient informés depuis quelques jours. Par contre le contexte international était résolument méconnu par les dirigeants vichystes, comme l'ont démontré les réactions de Darlan, qui, désinformé par son propre service de renseignements de la marine, estimait impossible que les États-Unis d’Amérique disposent, avant un an, des vaisseaux nécessaires à une telle intervention. De même, à Rabat, le général Charles Noguès, lorsqu'il fut encerclé par le général Émile Béthouard, dans la nuit du 8 novembre 1942, téléphona à l'amiral Frix Michelier pour l'interroger sur la menace d'un débarquement allié : ce dernier, connu pour son caractère borné et par ailleurs réputé pour ses sympathies pour l'Axe, lui certifia que Béthouard était un menteur et qu'aucun débarquement n'était en cours, ni possible, car si cela était, le service de renseignements de la marine, qui aurait selon lui été informé de la moindre sortie d'un bateau de pêche du port de New York, le lui aurait appris. De même, à Alger, le colonel Jacquin, ancien attaché militaire à Washington avait-il certifié à l'état-major de Juin que les forces des États-unis étaient inaptes à intervenir pour longtemps hors du continent américain.
- Le coup d'État communiste de Prague en 1947 n'a pu intervenir que parce que la Tchécoslovaquie était située dans la zone d'influence soviétique, où les armées occidentales s'interdisaient d'intervenir.
Liste de quelques coups d'État
Europe
- 1799 : 9 novembre (18 brumaire de l'an VIII) : coup d'État de Napoléon I
- 1851 : Nuit du 1-2 décembre : coup d'État de Napoléon III
- 1928 : Portugal (António de Oliveira Salazar)
- 1935 : Grèce
- 1936 : Espagne (Francisco Franco)
- 1967 : Grèce (Dictature des colonels)
Afrique
- 1952 : Égypte, Mohammed Néguib renverse Farouk Ier
- 1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
- 1963 : Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
- 1963 : Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
- 1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
- 1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasavubu
- 1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
- 1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
- 1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe
- 1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
- 1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
- 1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier
- 1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
- 1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote
- 1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié I
- 1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
- 1974 : Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori
- 1975 : Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
- 1975 : Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
- 1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
- 1976 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V
- 1976 : Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
- 1977 : Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
- 1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
- 1978 : Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
- 1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah
- 1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa I
- 1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macias Nguema
- 1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
- 1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
- 1980 : Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
- 1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
- 1980 : Liberia, William Richard Tolbert renverse Samuel Doe
- 1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko
- 1982 : Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
- 1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
- 1983 : Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
- 1983 : Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Alhaji Shehu Shagari
- 1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
- 1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
- 1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
- 1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
- 1986 : Soudan, Ahmad al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
- 1987 : Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
- 1987 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
- 1987 : Tunisie, Zine El-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
- 1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani
- 1990 : Liberia, Prince Johnson renverse Samuel Doe
- 1991 : Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
- 1995 : Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
- 1996 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
- 1996 : Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
- 1997 : Zaïre, Laurent-Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko
- 1999 : Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
- 1999 : Côte d'Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
- 1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
- 1999 : Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
- 2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
- 2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
- 2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohammed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
Amérique
- 1913 : Mexique, Victoriano Huerta renverse Francisco Madero
- 1943 : Argentine
- 1954 : Paraguay
- 1963 : Équateur
- 1964 : Brésil
- 1970 : Bolivie
- 1973 : Chili, Augusto Pinochet renverse Salvador Allende
Asie
- 1943 : Thaïlande
- 1973 : Thaïlande
- 1978 : Afghanistan
- 1960 : Turquie
Sources et bibliographie
- Curzio Malaparte, Technique du coup d'État (1 édition française en 1931), Paris : Éd. 10/18, 1964.
- Donald J. Goodspeed, Six coups d'État, Paris : Éd. Arthaud, 1963.
- Edward Luttwak, Le Coup d'État : Manuel pratique, Paris : Éd. Robert Laffont, 1969.
catégorie:Gouvernement
catégorie:Politique
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Francisco Franco
Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade, plus couramment appelé général Franco (né le 4 décembre 1892 à El Ferrol (Galice) en Espagne et décédé le 20 novembre 1975 à Madrid en Espagne) était un militaire et homme d'État espagnol. Il exerça la fonction de chef de l'État espagnol de 1939 à 1975, présidant un gouvernement autoritaire et dictatorial avec le titre de Caudillo (guide) : « Generalísimo Francisco Franco, caudillo de España por la gracia de Dios ».
Biographie
Jeunesse et formation
Franco naît à El Ferrol, un port de Galice. Véritable ghetto militaire, El Ferrol est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l'État, où la famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolas Franco Salgado-Araujo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, il n'est pas à l'aise dans le milieu très conservateur du Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.
Surnommé Paquito par ses camarades à cause de sa petite taille, il est d'abord envoyé dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cœur, avant d'entrer à l'École de préparation navale. Élève moyen, il se destine naturellement à la marine, comme sa tradition familiale l'y incite et comme tous les enfants du Ferrol. La fermeture de l'École navale d'El Ferrol en 1907 le contraint à chercher une autre voie. Le 29 août 1907, il entre alors à l'Académie d'infanterie de Tolède. La même année, son père est promu à Madrid, lassé du milieu militaire fermé du Ferrol. Ses relations avec sa femme s'étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On apprend peu après qu'il a une maîtresse en ville : la séparation est alors définitive.
L'Académie de Tolède est de niveau médiocre : son concours d'entrée consiste en un examen de la maîtrise des quatre opérations arithmétiques et une vérification rapide de la constitution physique. Ses cours sont également assez sommaires. En 1910, Franco en sort 251 sur 312. Ces maigres performances doivent cependant être relativisée au regard de son jeune âge : il n'a que 18 ans alors que ses camarades sont plutôt âgés de 20 ou 21 ans. Le 13 juillet, il est promu seconde terniente, c'est-à-dire sous-lieutenant.
Carrière militaire
Une fois sa formation achevée, Franco est affecté à la garnison du Ferrol. Il y mène une vie de garnison, terne et monotone. Dès février 1912, il doit partir pour le Maroc, dans le 8 Régiment d'Afrique.
Au Maroc
Le 19 mars 1912, il essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l'anonymat, il demande en 1913 à être affecté au régiment des réguliers indigènes, réputé pour sa bravoure mais aussi sa loyauté incertaine. Il participe à de nombreuses opérations et le 12 octobre, obtient la croix du mérite militaire, première classe. Dès le mois de mars 1915, il est promu capitaine. Peu à peu, sa légende prend forme : les Maures le pensent invulnérable.
Cette réputation prend fin en mars 1915 : il est très grièvement blessé au ventre, au cours d'une attaque contre le fort d'El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré l'avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit le commandement d'un bataillon d'infanterie cantonné à Oviedo, aux Asturies. Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience marquera beaucoup ses opinions sociales. Au cours de l'été 1917, le général Burguete, gouverneur militaire de la province, décrète l'état de guerre en réponses à de violentes grèves dans les mines. Franco assiste alors à la répression.
À la Légion
En 1919, Franco rencontre le lieutenant-colonel José Millan-Astray, dont l'ambition est de créer une Légion étrangère, sur le modèle français. En 1920, son projet est accepté. Millan-Astray offre à Franco le commandement de la 1 bandera (bataillon), lequel part cantonner à Ceuta en octobre. Franco impose à ses légionnaires un entraînement très strict. Parallèlement, il se montre impitoyable face aux révoltes indigènes. Après le désastre d'Anual en 1921, il autorise ses hommes à appliquer la loi du talion : les légionnaires mutilent, pillent, violent et tuent à leur tour. Suite à ce même désastre, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face à Abd el-Krim.
En janvier 1922, il est de nouveau affecté à Oviedo. Il reçoit la médaille militaire et est nommé lieutenant-colonel. Il profite de sa gloire nouvelle pour demander en mariage Carmen Polo Martinès-Valdès, jeune fille de bonne bourgeoisie, rencontrée lors de sa première affectation en 1917. Le mariage est reporté suite au décès du commandant de la Légion : Franco le remplace, sur recommandation du roi. Le 22 octobre 1923, il se marie.
Le 13 septembre 1923, Miguel Primo de Rivera avait lancé son coup d'État et instauré un régime dictatorial. Face aux difficultés rencontrées au Maroc, il songe à un retrait. Pendant les mois de novembre et décembre 1924, Franco doit effectivement superviser l'évacuation de Xanten. Sa bonne conduite le fait nommer colonel. Peu après, Abd el-Krim pousse jusqu'à s'attaquer à des populations françaises. En réponse, la France s'allie à l'Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement à Alhucemas. C'est un succès : Franco est élevé au rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus jeune général d'Europe — il n'a alors que 33 ans. Quelques mois plus tard naît la fille de Franco, Maria del Carmen, surnommée Nenuca. Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927, il est même chargé d'accompagner le roi dans son voyage officiel en Afrique.
L'Académie de Saragosse
Le 4 janvier 1928, Primo de Rivera recrée l'Académie générale de Saragosse. Cette fois, il en fait un passage obligé pour tous les futurs officiers, et nomme Franco à sa tête. Ce dernier surveille étroitement d'abord les travaux de construction des bâtiments puis, s'inspirant de son expérience tolédane, rédige lui-même le règlement intérieur de l'Académie. Il impose ainsi des chambrées de trois cadets « pour éviter les mariages. »
Suivant leur appréciation du personnage lui-même, les historiens jugent de manière variable le travail de Franco à l'Académie. Il est certain que la nouvelle école militaire est meilleure que l'ancienne, ne serait-ce qu'en raison de l'élévation du niveau de recrutement (baccalauréat élémentaire). Franco impose l'anonymat des copies au concours d'entrée, diminue le nombre d'élèves par professeur, installe de nombreuses douches, interdit le bizutage et fait même distribuer des préservatifs aux étudiants. Il sait se faire respecter, voire apprécier : 90 % des 720 officiers formés par l'Académie rejoignent ensuite le camp franquiste pendant la guerre civile.
En juillet 1931, la Seconde République supprime par décret l'école. Comme l'ensemble du corps enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillé. Malgré tout, il ne participe pas à la Sanjurjada, tentative de coup d'État du général Sanjurjo. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la république, il est affecté à La Corogne comme commandant de la XV Brigade d'infanterie, en février 1932. Franco gardera à Manuel Azaña, chef du gouvernement, une rancune tenace de cette période de quarantaine.
La guerre civile
Dans le climat révolutionnaire qui règne en Espagne, Franco est observé de tous les côtés. Il paraît l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d'un soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur militaire aux îles Canaries. En fait, Franco est alors peu convaincu par l'opportunité d'un coup d'État. C'est sous la II République qu'il a atteint l'apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d'éducation, il se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l'ordre. Il est peu enclin à risquer sa carrière dans une aventure mal préparée.
De fait, Franco n'est ni l'inspirateur, ni l'organisateur de la tentative de coup d'État de 1936 contre le gouvernement en place, alors mené par le Frente Popular : c'est Emilio Mola. Certes, il est au courant depuis le début des activités des conjurés, mais il attend le 13 juillet, date de l'assassinat du chef monarchiste, José Calvo Sotelo, pour les rejoindre.
Franco se voit attribuer l'armée du Maroc, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de lance du complot. La mort accidentelle de Sanjurjo, chef historique de l'opposition monarchiste, et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone et Madrid propulsent Franco sur le devant de la scène.
Le pronunciamento échoue par manque d'adhésion de l'armée : sur 21 généraux de division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C'est à ce moment que les milices ouvrières, qui ne croient pas en les capacités du gouvernement à faire face, entrent sur scène. Elles font régner la terreur à Madrid et Barcelone, provoquant ainsi l'exil de nombreux intellectuels, comme José Ortega y Gasset. Le conflit se transforme alors en une guerre civile.
Franco se décide alors à acheter 12 avions italiens, payés par son ami le banquier Joan March, ainsi que des Junkers allemands, afin d'établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville. Au mois d'août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta, forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages, la flotte gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit ainsi à transporter 23 400 hommes.
Jusqu'alors, Franco reste neutre sur la nature du régime qu'il entend donner à l'Espagne. Sa déclaration du 21 juillet 1936 s'achève même par « vive l'Espagne et vive la République » : le Mouvement est dirigé contre le Front populaire, et non la République à proprement parler. Lors de la création de la « Junte de défense nationale », le 23 juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime souhaité, ni aucune connotation religieuse.
Très vite, les atrocités surviennent. Le , Franco confie à Juan Yagüe trois colonnes, chargées d'effectuer la jonction avec l'armée du Nord, en passant par l'Estrémadure. Yagüe est un ancien camarade de l'Académie de Tolède. Le 14 août, il s'empare de Badajoz, où il fait fusiller 2 000 prisonniers de guerre. Alors que la presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral chute, remplacé par celui de Largo Caballero.
Alors que la guerre civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l'étonnement général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l'armée d'Afrique pour porter secours aux défenseurs de l'Alcazar. De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d'un geste politique. La légende des cadets de l'Alcazar constituera l'un des éléments de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu'il était de l'intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux « nettoyer » le terrain. Il est ainsi avéré que Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant du Saint-Siège.
Le 21 septembre, la Junte de défense se réunit, et Franco est nommé général en chef. Le 28, la fonction de chef de l'État lui est adjointe par décret. Le 1 octobre, à Burgos, il est investi des pleins pouvoirs. L'évêque de Salamanque compare le Mouvement à une croisade, introduisant ainsi un motif religieux jusque là absent.
Durant ce mois, les grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention, s'engagent dans la guerre civile. L'URSS par ses chars (peu nombreux) et les Brigades internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire et ses défenseurs — CNT et FAI (anarchiste), POUM (marxiste), PC (staliniste), UGT (socialiste). En face, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste se rangent dans le camp de l'insurection militaire en envoyant d'important contingents d'hommes et de matériels. Le 26 avril 1937, jour de marché, une centaine d'avions de la légion Condor (Luftwaffe) procède au bombardement de la ville basque de Guernica, sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise au gouvernement républicain. C'est la première fois qu'une ville européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7 000 habitants, 1645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du Gouvernement basque.
Le 3 juin, Mola était mort dans un accident, laissant ainsi Franco sans rival. À la tête de l'armée, avec le titre de généralissime, il prend peu à peu le contrôle de l'Espagne. Un manque chronique d'effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu'il contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60 000 par exemple pour les Canaries. Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires : il s'agit d'étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d'une formation militaire accélérée. 30 000 sont ainsi recrutés pendant la Guerre civile. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l'armée, le reste constituant les futurs cadres du régime franquiste.
La guerre civile se termine en avril 1939, après la bataille de l'Ebre (de juillet–octobre 1938), qui sonne le glas des espoirs républicains, et la conquête de la Catalogne. Franco se trouve maître de l'Espagne. Conscient de son inexpérience en matière politique, il s'appuie sur son beau-frère, Serrano Suñer, la Phalange fasciste et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes de tous bords. Des dizaines de milliers de républicains espagnols sont contraints à l'exil pour échapper à la terrible répression qui s'abat sur l'Espagne. Les estimations récentes s'élèvent généralement à 200 000, voire 250 000 personnes fusillées ou mortes dans les prisons et le camp de concentration de Miranda après la fin de la guerre civile.
La dictature de Franco
Serrano Suñer
L'Espagne reste officiellement neutre pendant la Seconde Guerre mondiale mais elle apporte cependant un certain soutien à l'Allemagne : en juin 1941, Franco comme chef du régime fasciste envoie une division sur le front de l'Est contre l'Union Soviétique (cette unité appelée la "Division Azul", ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols «volontaires» pour aller travailler en Allemagne ; les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés ; l'Espagne fournit le wolfram indispensable à l'industrie d'armement allemande.
Mais l'Espagne ne s'engagea pas finalement militairement aux côtés de l'Allemagne en octobre 1940 comme le souhaitait Ramon Serrano Suner, ministre des affaires étrangères jusqu'en 1942 et beau-frère de Franco. Cette non intervention est due, comme le souligne Joseph Pérez, aux exigences trop élevées et irréalistes de Franco (dont la prise de possession des colonies françaises du bassin méditerranéen). Hitler ne voulait pas mécontenter Pétain, qui dirigeait un État aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d'une Espagne exsangue. Franco et son régime se sont aussi distingués du nazisme sur un point : l'antisémitisme. Bien au contraire, de nombreux juifs passeront la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d'autres pays. Ainsi Franco aurait personnellement sauvé 60 000 juifs, descendants de ceux expulsés en 1492 par les Rois catholiques, en s'interposant personnellement auprès de Hitler. Ils furent reconnus comme citoyens espagnols et autorisés à entrer en Espagne.
Devant les pressions américaines (les États-Unis fournissent le pétrole à l'Espagne), les problèmes économiques soulevés par l'autarcie sur laquelle essaie de s'appuyer le régime et la résistance victorieuse de la Grande-Bretagne, Franco reste en retrait et abandonne peu à peu son soutien aux forces de l'Axe à partir de l'été 1943. Son meilleur allié est à l'époque Antonio de Oliveira Salazar, bien que les relations personnelles entre les deux hommes soient exécrables mais le dictateur Salazar est soutenu par les Britanniques.
Antonio de Oliveira Salazar
À la fin de la guerre, le régime est très fragile : la situation économique est désastreuse et l'autorité de Franco est condamnée quasi unanimement par la communauté internationale. Cependant, l'Espagne apparaît vite comme un rempart au communisme et les rapports se détendent : Franco autorise les États-Unis à implanter 4 bases sur le territoire espagnol. Le régime gagne peu à peu sa légitimité.
La loi sur les principes fondamentaux du Movimiento Nacional est votée le 17 mai 1958.
Le régime se libéralise peu à peu dans les années 1960 sur le plan économique, beaucoup moins sur le plan politique où le Caudillo règne sans partage.
Il modernise les infrastructures (chemins de fer et réseaux routiers, notamment) et crée un gigantesque système hydraulique (barrages et irrigation) qui fera oublier à l'Espagne les effets de la sécheresse. L'agriculture espagnole atteint alors un développement colossal qui fait trembler (notamment en France) à l'idée que ce pays puisse entrer dans le Marché commun.
La fin du régime franquiste
Marché commun
En 1969, c'est devant les Cortès espagnols que Franco désigne Juan Carlos pour lui succéder à sa mort, en tant que Roi d'Espagne.
Au début des années 1970, malade, Franco se résout à nommer un premier ministre pour diriger son gouvernement. Il choisit son bras droit, l'amiral Luis Carrero Blanco. Celui-ci est tué dans un attentat des Basques de l'ETA le 20 décembre 1973 à Madrid.
De plus en plus affecté par la maladie de Parkinson dont on le sait atteint depuis 1969, Franco est victime d'un refroidissement le 12 octobre 1975, puis d'une hémorragie interne le 23 qui entraîne son transfert à l'hôpital de la Paz. Après une opération le 14 octobre, il est sans connaissance. On le maintient en vie par inquiétude pour l'avenir. Le 30 octobre, le prince Juan Carlos accepte d'assumer les fonctions de chef de l'État. Sa fille persuade finalement les médecins de le laisser mourir. Il s'éteint le 20 novembre 1975 à 5 h 20 du matin. Le bulletin officiel annonçant le décès énumère ainsi les causes de la mort :
1975
:« Maladie de Parkinson, cardiopathie, ulcère digestif aigu et récurrent avec hémorragies abondantes et répétées, péritonite bactérienne, insuffisance rénale aiguë, thrombophlébite, broncho-pneumonie, choc endotoxique et arrêt cardiaque. »
Franco fut inhumé dans la gigantesque basilique Sainte-Croix del valle de los Caìdos. José Antonio Primo de Rivera, le chef de la Phalange, ainsi que des milliers de combattants phalangistes et républicains y sont également inhumés.
Comme il était prévu depuis longtemps, la monarchie fut rétablie après sa mort en la personne de Juan Carlos I, petit-fils du dernier roi d'Espagne (Alphonse XIII).
Postérité franquiste
L'héritage principal de Franco est le retour de la Monarchie en Espagne. Mais trois autres principes imposés par le Caudillo à son successeur ont été respectés :
- Seuls les Cortès franquistes et le Mouvement National (parti unique) peuvent décider de leur propre dissolution.
- Aucune chasse aux sorcières contre des militaires ou des membres de l'administration ne serait effectuée en cas de démocratisation du régime.
- L'unité de l'Espagne "Una, Grande et libre" doit être maintenue ce qui signifie pas d'indépendance à La Catalogne ni au Pays Basque.
Ces trois principes ont été respectés lors de la Transition démocratique espagnole effectuée par le premier ministre Adolfo Suárez, qui s'est chargé de liquider le parti unique dont il assumait la présidence alors que les Cortès franquistes votaient progressivement leur propre dissolution.
Toponymie
Adolfo Suárez
Franco est mort depuis 30 ans, mais son régime a laissé de nombreuses traces dans le paysage urbain espagnol.
Si beaucoup de rues au nom du Caudillo ou du Generalissimo ont été débaptisées au début des années 1980, de nombreuses artères, notamment dans les villes moyennes, continuent de célébrer Franco ou ses alliés (par exemple José Antonio Primo de Rivera, le général Mola, le Général Sanjurjo).
José Antonio Primo de Rivera
Ainsi León, Chinchon, Santander, Santa Cruz de Tenerife ou Puerto de La Cruz (Tenerife) ont gardé leur toponymie franquiste.
Des monuments continuent également de célébrer Franco, ses alliées et ses victoires (statues de Franco à Madrid et à Santander, divers monuments aux morts, l'Alcazar de Tolède).
En 2004, le nouveau gouvernement socialiste espagnol a proposé une loi de réparation envers les victimes de la guerre et de la dictature. Il a demandé également que la toponymie et tous les symboles franquistes subsistant soient retirés de la voie publique. Les opposants à cette dernière proposition dont Felipe Gonzalez parlent de combat d'arrière-garde et rappelent que ces monuments font partie de l'héritage espagnol, pour le meilleur et pour le pire.
Dans la nuit du 16 au 17 mars 2005, à 1h00 (GMT) sur décision personnelle du ministre des Travaux publics, la statue équestre de Franco au centre de Madrid a été déboulonnée et transférée dans un hangar à l'abri des regards, manifestant la volonté du nouveau gouvernement d'effacer toute trace de Franco du paysage espagnol.
Le 8 novembre 2005, sa statue (inaugurée en 1977 pour commémorer son action en tant que colonel de la légion après le désastre de Annual en 1921), située dans la ville de Mellila fut déplacée de 50 mètres pour permettre la réalisation de travaux publics. Le gouvernement (conservateur) de la cité autonome de Melilla a refusé qu'elle quitte la voie publique et soit transférée au musée militaire comme le réclamait l'opposition locale.
Monnaie et timbres
Le portrait de Franco a figuré sur de nombreuses pièces de monnaie et timbres-poste espagnols. Toutes les pièces à son effigie ont été retirées de la circulation le 1 avril 1997.
Les Espagnols et Franco 30 ans après sa mort
Au moment du 30ème anniversaire de la mort de Franco, une enquête de l’Institut Opina (du 17 novembre 2005, voir le lien en espagnol dans la section Liens externes) est publiée pour connaître l’opinion de la société espagnole sur la figure historique de Franco, l’héritage de son régime et le risque de répeter cette période. A la question sur le jugement qu'ils portent sur la dictature de Franco, 63,7% la jugent négative, 23% sont sans opinion et 13,3% la jugent positive.
Selon un sondage de la radio Cadena Ser publié le 18 novembre 2005, 55,5 % des espagnols déclarent éprouver de l'"indifférence" envers le dictateur, 29,8 % du "rejet" et 7,6 %, de la "nostalgie".
Une enquête du Centre d'Enquêtes sociologiques relève que 65,9 % des espagnols considèrent que les victimes de la guerre civile ont reçu "une reconnaissance différente selon le camp auquel ils appartenaient", mais estime à 72,9 % qu'un "hommage doit les inclure toutes".
Enfin, toujours sur le sujet, selon un autre sondage publié le 19 novembre 2005 par le quotidien conservateur El Mundo, 41,3 % des espagnols jugent que la politique du gouvernement socialiste de M. Zapatero "rouvre des blessures du passé" plutôt qu'elle ne "favorise la réconciliation" (25,5 %).
Sa famille
- María Carmen Polo Martinez-Valdés (1902-1988): son épouse. Après avoir rencontré Franco en 1917, elle l'épouse en 1923 et en 1926, donne naissance à leur seul enfant, María. Elle est décédée à Madrid en 1988.
- María del Carmen Ramona Felipa de la Cruz Franco Polo: sa fille. Elle a épousé Cristóbal Martínez-Bordiú, marquis de Villaverde le 10 avril 1950. Elle vit aujourd'hui surtout à Miami (Floride). Sa fille a épousé Alphonse duc d'Anjou et leur fils cadet est aujourd'hui le prétendant légitimiste à la couronne de France, Louis XX.
- Nicolás Franco(1891-1977): le frère aîné. Ingénieur naval, fonctionnaire du ministère de la Marine, il est devenu le principal conseiller du Caudillo au début de la guerre civile. Il termine sa carrière comme Ambassadeur à Lisbonne puis comme homme d'affaires.
- Pilar Franco (1894-1989): la sœur. Membre des phalanges espagnoles, elle ne joua cependant aucun rôle politique; Ses deux livres de souvenirs personnels publiés en pleine transition démocratique ont été des best-sellers.
- Ramón Franco(1896-1938): le frère cadet. Aviateur célèbre et populaire, de conviction républicaine qui le conduise en prison sous la dictature de Miguel Primo de Rivera, il n'en rallie pas moins son frère aîné après juillet 1936. Il meurt le 28 octobre 1938 dans un accident d'avion.
- Ramón Serrano Suñer (1901-2004): le beau- frère. Il a épousé Zita, la sœur de Carmen Polo. Impliqué dans le pronunciamiento de 1936, il est emprisonné par les républicains. Evadé en février 1937, il supplante Nicolás Franco comme conseiller et ministre du Caudillo. Proche du fascisme italien, il est éloigné à partir de 1942.
Voir aussi
Bibliographie
- Bartolomé Bennassar, Franco, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2002 (1 édition 1995) (ISBN 2262018952) ;
- Paul Preston, Franco, New Ed. edition, 1995 (ISBN 0006862101).
Liens externes
- [http://www.memo.fr/article.asp?ID=PAY_ESP_010 Le Régime franquiste]
- [http://kountras.magic.fr/index.php?publid=115&articleno=6 Sauvetage de juifs pendant la guerre par le régime franquiste]
- [http://www.fnff.org/ Fondation Francisco Franco]
- [http://www.cadenaser.com/static/pulsometro/anteriores/encuesta_051118.htm Sondage opinion 30e anniversaire]
Franco, Francisco
Catégorie:Général espagnol
Franco, Francisco
Franco, Francisco
Franco, Francisco
ja:フランシスコ・フランコ・バハモンデ
-
TotalitarismeLe totalitarisme désigne des systèmes politiques dans lesquels l'état et la société sont considérés comme un tout indissociable.
Le gouvernement a donc toute légitimité pour faire tout ce qui concerne les relations sociales, c'est-à-dire en pratique contrôler la vie des individus, ne leur laissant aucune liberté individuelle et surtout aucune liberté d'expression, ni par conséquent de pensée.
Caractéristiques d'un État totalitaire
La philosophe Hannah Arendt a étudié et décrit ce système, en particulier dans son célèbre livre Les origines du totalitarisme (1951). Selon elle, deux pays seulement ont connu un vrai totalitarisme : l'Allemagne sous le nazisme et l'URSS sous Staline. Elle distingue toutefois des tendances ou des épisodes totalitaires en dehors de ces deux cas. Elle cite notamment les camps de concentration français où furent placés les réfugiés de la guerre d'Espagne ou encore le maccarthisme au début des années 1950 aux États-Unis.
Ces régimes apparaissent muni d'un « parti unique » qui contrôle l'état, qui lui-même contrôlerait la société et plus généralement tous les individus. D'un point de vue totalitaire, cette vision est erronée : il n'y a qu'un parti parce qu'il n'y a qu'un tout, qu'un seul pays, vouloir un autre parti c'est déjà de la trahison ou de la maladie mentale (schizophrénie : se croire plusieurs alors qu'on est un). Le totalitarisme tel qu'il est ainsi décrit par Hannah Arendt n'est pas tant un régime politique qu'une dynamique autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales.
Dans cette optique, les fondements des structures sociales ont été volontairement sabotées ou détruites : les camps pour la jeunesse ont par exemple contribués à saboter l'institution familliale en instillant la peur de la délation à l'intérieur même des foyers, la religion est interdite et remplacée par de nouveaux mythes inventés de toute pièce ou recomposés à partir de mythes plus anciens, la culture est également une cible privilégiée. Goebbels avait ainsi déclaré : Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver.
L'identité sociale des individus laisse place au sentiment d'appartenance à une masse informe, sans valeur aux yeux du pouvoir, ni même à ses propres yeux. La dévotion au chef et à la nation devient le seul moyen d'exister d'une existence qui déborde au-delà de la forme individuelle pour un résultat allant du fanatisme psychotique à la neurasténie. Hannah Arendt cite ainsi un rapport russe indiquant qu'au début du stalinisme, quatre soldats étaient nécessaires pour s'assurer un prisonnier alors qu'à la fin, un seul soldat pouvait mener vingt prisonniers vers la mort.
Les sociétés totalitaires se distinguent par la promesse d'un « paradis », la fin de l'histoire ou la pureté de la race par exemple, et fédèrent la masse contre un ennemi objectif. Celui-ci est autant extérieur qu'intérieur et sera suceptible de changer. Les sociétés totalitaires créent un mouvement perpétuel et paranoïaque de surveillance, de délation et de retournement. Les polices et les unités spéciales se multiplient et se concurrencent dans la plus grande confusion. Des purges régulières ordonnées par le chef de l'État, seul point fixe, donnent le tempo d'une société qui élimine par millions sa propre population, se nourrissant en quelque sorte de sa propre chair. Ce programme est appliqué jusqu'à l'absurde, les trains de déportés vers les camps de l'Allemagne Nazie restèrent toujours prioritaires sur les trains de ravitaillement du front alors même que l'armée Allemande perdait la guerre.
Le terme, initialement revendiqué, est péjoratif et même insultant pour certains. Il est souvent utilisé à tort pour désigner des régimes autoritaires de droite ou de gauche, ce qui est en toute rigueur impropre. Par exemple, on considère généralement que l'URSS déstalinisée ou les dictatures militaires d'Amérique du Sud n'étaient pas totalitaires car, bien que généralement impitoyables, en pratique elles ne cherchaient pas à contrôler toutes les facettes de l'activité humaine et n'entretenait pas cette dynamique de pouvoir autodestructive. Elles pouvaient s'accommoder d'une dissidence intellectuelle tant que leur pouvoir restait solide.
Citations
- La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux. Hannah Arendt
- Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d'individus atomisés et isolés. Hannah Arendt
- Sans les masses, le chef n'existe pas. Hannah Arendt
- À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable. Ludwig von Mises
Voir aussi
Articles connexes
Sur les pratiques totalitaires en URSS
- Pavel Morozov
- Trofim Denissovitch Lyssenko
- Goulag
Sur le totalitarisme Nazi :
- Ian Kershaw
Sur le totalitarisme chinois :
- Laogai
- Mao Zedong
- Corée du Nord
Sources et Bibliographie
- Raymond Aron : Démocratie et totalitarisme, Paris, Gallimard, 1965.
- Bernard Bruneteau : Les Totalitarismes, Paris, Armand Colin, 1999.
- Friedrich Hayek, La Route de la servitude, Paris, PUF, "Quadrige", 1985.
- Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, Le système totalitaire (1951), traduction française J-L. Bourget, R. Davreu, P. Lévy, Seuil, 1972, Paris, Gallimard, collection Quarto, 2002.
- Enzo Traverso : Le Totalitarisme. Le XXe siècle en débat, Paris, Le Seuil, "collection Points Essais", 2001.
Catégorie:Idéologie
Catégorie:Régime politique
ja:全体主義
ms:Totalitarianisme
Union des républiques socialistes soviétiquesL'Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических Республик), ou lUnion soviétique, ou URSS (СССР (prononcer "essessserre") en russe), était un État qui exista de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande.
Le territoire de l'URSS varia dans le temps, et était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques. La Russie était, de loin, la plus importante de ces républiques, tant du point de vue de sa surface que de sa population et est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique.
La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 1917, qui mit fin au règne du Tsar Nicolas II.
L'organisation politique du pays était définie par le seul parti autorisé, le Parti Communiste de l'Union Soviétique. Le capitalisme d'État fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.
Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie alliée à l'émergence de forces démocratiques et centripètes dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse.
Géographie de l'URSS
Durant son existence, l'URSS était sans doute le pays/empire le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée. C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 ethnies différentes présentes sur son territoire.
La population totale était estimée à 288 millions en 1990. L'Union soviétique était si étendue que, même après son effondrement, la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure le pays le plus étendu du monde (devant le Canada), et reste un pays très diversifié, avec des dizaines de minorités telles que les Tatares, les Oudmourtes et bien d'autres ethnies non russes.
Histoire de l'URSS
Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)
Dès le , la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. L'agitation politique culmine en 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.
Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, l'agitation continue. Les bolchéviques, parti révolutionnaire représentant les soviets et mené par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors de la Révolution d'octobre1917.
Pendant la période entre 1917 et 1922, l'empire se scinda en républiques "soviétiques" dont le principe de fonctionnement était le centralisme démocratique basé sur les soviets. L'organe législatif était le soviet suprême tandis que le pouvoir exécutif était entre les mains du bureau politique du parti bolchévique (le Politburo).
La plus importante des républiques, et celle qui se considérait comme l'héritière de l'empire, était la république socialiste soviétique de Russie, qui recouvrait le territoire actuel de la Russie et dont le politburo était formé par Lénine, Trotsky, Staline, Kamenev et Nikolai Krestinsky, Lénine en étant le véritable leader.
La jeune république bolchévique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice conclu en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).
Le pouvoir des bolchéviques était cependant fragile, et jusqu'en 1921, la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux fit rage, provoquant des millions de morts.
Le communisme de guerre (1918-1921)
Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
- Nationalisation des industries et du commerce
- Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
- Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
- Travail obligatoire des paysans
- Interdiction de l'entreprise privée
- Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
- Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture
Les éléments de la dictature se mettent aussi en place à cette époque :
- Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, les soldats subissent ensuite la conscription
- Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime et les "blancs" (partisans de la monarchie)
- Le parti communiste devient peu à peu parti unique
- La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
- La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument du pouvoir. Les partis communistes étrangers doivent être inféodés à Moscou et obéir aveuglément. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et la démission de Bela Kun mettent fin à ces espoirs.
Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté.
La police politique
La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée, pour prendre ensuite les noms de GPU (Guépéou), OGPU, MVD (Ministerstvo Vnutrennih Del), NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB (Komitet Gosudarstvennoi Bezopasnosti). La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.
La naissance d'une nation (1921-1924)
Naissance de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naît en 1922. Une constitution est rédigée en 1924 ; elle regroupe plusieurs républiques correspondant à un peuple. L'URSS était un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste con | | |